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Un Français qui arrive à Buenos Aires

Un Français qui arrive à Buenos Aires

Un Français qui arrive à Buenos Aires n’est guère surpris…dans un premier temps.

 

L’Arrivée À Buenos Aires

 

Le trajet depuis l’aéroport alterne des HLM et des villa miseria, l’équivalent des favelas de Rio. Des villa miseria et des HLM, comme dans presque toutes les villes du monde. Un peu moins de pauvreté qu’à Rio et un peu plus qu’entre Roissy et Paris. L’arrivée dans Buenos Aires est plus étonnante : on peut se croire en Europe. Seuls les nuées de vendeurs ambulants et le tohu-bohu des autobus, enveloppés de nuages d’un gazole mal raffiné qui prend à la gorge, rappelle qu’on est en Amérique du Sud. Pour le reste, cela ressemble à Madrid ou Milan et n’a rien à voir avec Rio, Caracas ou Bogota.

 

Une Grande Ville Au Charme Rétro

 

Buenos Aires, c’est deux fois Rio, beaucoup plus grand que Paris. Moderne, souvent luxueuse, une vie incessante. Aucun monument n’est particulièrement beau ni marquant. Le site, archi plat, est insignifiant. La ville n’est ni dépaysante ni exotique, mais l’ensemble possède néanmoins un charme réel, un peu rétro. Chaque quartier s’est doté de son propre type d’architecture, maisons coloniales dans San Telmo, immeubles bourgeois haussmanniens dans Recoleta, maisons en tôle ondulée aux couleurs vives des premiers émigrants Italiens à la Boca, édifices à l’architecture stalinienne des ministères ou grandes banques de type londonien du Centro. Le début du XXe siècle a été le temps de la splendeur de l’Argentine. La bourgeoisie, les yeux alors braqués vers la France, a plagié la ville-lumière. Aujourd’hui encore, certains quartiers donnent l’impression d’être à Paris. De même qu’à New York, les rues s’alignent toutes en damier, apanage des villes neuves qui ont retrouvé l’antique structure hyppodamienne de Rome. On s’y repère facilement. Les rendez-vous se donnent toujours de la même façon : « Corrientes et Rodriguez Peña » ; comprendre à l’angle des deux rues qui portent ces noms. Les avenues sont larges. Libertador et 9 de Julio, les plus grandes, ont quatorze voies !

 

Une Ville Verte

 

Toutes les rues sont bordées d’arbres, parfois gigantesques. Les branches les plus basses des caoutchoucs centenaires, de loin les arbres les plus imposants, sont soutenues par d’immenses béquilles qui préservent les trottoirs. Les essences sont variées et beaucoup d’arbres sont feuillus toute l’année. Comme la lave des volcans, ils colorent le paysage : violet des jacarandas, jaune des ginkgos bilobas qui dorent le macadam lorsque chutent les fleurs, blanc des magnolias. Et partout des palmiers pour rappeler qu’il ne gèle jamais ! Les parcs, les places, les fleurs et surtout le soleil sont la fête de Buenos Aires ! Un soleil tellement présent que deux ou trois jours de pluie ou de nuages sont toujours un soulagement. Buenos Aires est synonyme de lumière !

arbres buenos aires

Les Porteños 24h Sur 24 !

 

Mais le charme de la ville est avant tout celui de ses habitants, les Porteños, avec leur manière d’être et de vivre, chaleureux, amicaux, obstinément nostalgiques, toujours prêts à discuter, à vous raconter comment leurs grands-parents sont arrivés d’Europe, pourquoi le pays est en crise, à vous parler de leur fils aux Etats-Unis ou de leurs cousins en Italie ou en Espagne. Buenos Aires ne s’arrête jamais. Les innombrables cafés et restaurants ne désemplissent à aucun moment, même au cœur de la nuit, même lorsqu’il pleut des seaux. Les plus traditionnels n’ont pas changé depuis les années soixante : fauteuils galbés recouverts de cuir, rampes d’escalier en cuivre martelé, vitraux art déco, petites tables à la rondeur pure où se croisent de jeunes étudiants préparant un examen, des retraités installés des heures pour lire les quotidiens mis à disposition ou des clientes au brushing éternellement impeccable. Quelle différence avec Rio où les bars sont tous ouverts sur la rue et vides à la moindre averse ! Commencer à dîner vers vingt-trois heures ou minuit avant le spectacle est courant, même en semaine.

cafés de buenos aires

Tango Et Vie Culturelle

 

La vie culturelle est riche. Buenos Aires est déjà en soi un vrai décor de comédie musicale et il y a ici plus de théâtres et de music-halls qu’à Londres, New York ou Paris. Rien à voir avec Rio ! Le tango, dont les paroles expriment si bien l’atmosphère porteña, est omniprésent. Tout y passe : les amours déçus, les haines tenaces, les vengeances d’hommes bafoués, les petites combines, les grandes canailles et les vauriens minables et, plus que tout, cette nostalgie, cette lamentation mélancolique et cette plainte de l’âme que la musique souligne encore mieux que les mots. Les milongas, les dancings pour aficionados de tango, ouvrent durant l’après-midi et de nouveau à minuit jusqu’à l’aube. Pas de répit pour les forçats de la danse ! Buenos Aires possède aussi, sans conteste, la plus importante densité de librairies du monde. Un ancien théâtre, l’Ateneo, s’est même converti en librairie ; les rayonnages ont remplacé les fauteuils d’orchestre et les habitués y passent des heures, installés à lire dans les anciennes loges. Les Argentins sont cultivés, ce qui les différencie clairement du reste de l’Amérique Latine. Le système éducatif, mis en place il y a cent ans et inspiré des modèles américain et européen, a surmonté toutes les crises du pays.
Les Argentins ont du mal à construire une grande nation, c’est en tout cas ce qu’ils disent, et ils n’ont sans doute pas tort, mais ils ont construit une grande ville !

milonga buenos aires

1 Comment

  1. Dominique

    Nous n’avons pas visité la même ville… ni rencontré les mêmes personnes !

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